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The Pleroma
Toutes les autres histoires de cette archive commencent après que quelque chose a mal tourné. Celle-ci est ce qui a bien tourné, et elle est racontée longuement et à dessein — car une chute ne vaut jamais que la hauteur d’où l’on est tombé.
L’Esprit Invisible n’est pas décrit, il est dé-décrit : ni vaste, ni petit, ni bon, ni nommable, puisque chaque mot dont on userait est emprunté au monde qu’il n’a pas encore fait. Mais il est entouré de sa propre lumière, et il regarde dans cette lumière, et la lumière le regarde en retour. Ce regard rendu est Barbelo, la Première Pensée, le premier autre, et le premier instant où le Tout n’est plus seul.
De ce regard vient l’Autogène, le Fils auto-engendré, et autour de lui quatre grands Luminaires, et en eux les Éons, se déployant par couples — l’intellect avec la vérité, le verbe avec la vie —, chaque couple entier, jusqu’à ce que trente d’entre eux se tiennent dans une harmonie si totale que la Plénitude n’a pas de mot pour le manque. Rien ici n’est retenu. Rien ici n’est dû. C’est une civilisation sans histoire, parce qu’il ne lui est jamais rien arrivé.
Et tout au bord, dernière et la plus extérieure, un Éon regarde par-delà la limite vers l’Esprit Invisible qu’elle n’a jamais vu, et éprouve quelque chose que personne dans la Plénitude ne sait nommer. L’histoire s’arrête là, sur le souffle retenu. Le lecteur sait déjà ce qu’elle fait ensuite. C’est exactement pour cela que cela fait mal.
Les personnages
L’Esprit Invisible
La Monade · l’Inconnaissable
Ni un roi, ni un artisan, ni même, à strictement parler, un être : celui dont toute phrase doit être dédite. Il ne crée pas. Il déborde — et le débordement est tout ce qui suit.
Barbelo
La Première Pensée · la matrice du Tout
L’Esprit regarda dans la lumière qui l’entourait, et la lumière le regarda en retour. Ce regard rendu est une personne : la première Pensée, la mère-père, le miroir où la Plénitude apprend qu’elle a un visage.
L’Autogène
L’Auto-engendré · le Fils divin
L’unique enfant né de ce premier regard, oint par l’Esprit et établi sur tout le déploiement. Tout ce qui vient ensuite s’ordonne autour de lui — et bien plus tard, c’est lui qu’on envoie en bas.
Les Quatre Luminaires
Harmozel · Oroiaël · Daveithaï · Éléleth
Quatre grandes lumières dressées autour du Fils, chacune un domaine et chacune une maisonnée. Éléleth, la quatrième, sera encore en train de répondre aux appels de détresse longtemps après que la Plénitude sera hors de portée de voix.
Les Éons
Les trente · toujours par couples
Ils émanent deux par deux — l’intellect avec la vérité, le verbe avec la vie — et chaque couple est complet. Dans un royaume où rien ne manque, personne n’a jamais eu à désirer. Ce qui veut dire que personne ne s’y est jamais exercé.
Sophia
La plus jeune · la Sagesse
La dernière et la plus extérieure, le seul Éon à éprouver un manque en un lieu qui n’en a pas. Cette histoire s’arrête un battement de cœur avant qu’elle ne tende la main. Tout le reste en est la conséquence.
Où ce récit se situe dans le temps
Les émanations telles que l’Apocryphon de Jean les dénombre : le plus ample récit gnostique de la façon dont la lumière se divisa sans jamais se diviser.
La chaîne des émanations
- L’Esprit Invisiblela Monade inconnaissable
- Barbelola première Pensée
- L’Autogènele Fils auto-engendré
- Les Quatre LuminairesHarmozel, Oroiaël, Daveithaï, Éléleth
- Les Éonsles trente, par couples
- L’Autogènele Fils auto-engendré
- Barbelola première Pensée
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